Regards sur l’artillerie française pendant la Première Guerre mondiale.

HISTOIRE

Regards sur l’artillerie française pendant la Première Guerre mondiale.

À la déclaration de la guerre, les règlements qui fixaient la doctrine en matière de combat assignaient un rôle relativement modeste à l’artillerie : il se réduisait à l’appui de l’infanterie, l’arme par excellence de la décision. De plus, il était admis que le canon de 75 aux performances inégalées dans sa catégorie suffisait à fournir la quasi-totalité des besoins en feux. Vision erronée, aveuglement dogmatique ? Les enseignements tirés des combats d’août-septembre 1914, de la stabilisation du front puis des offensives de 1915, 1916 et 1917 allaient aboutir à une révision complète de la doctrine d’emploi, à l’augmentation ininterrompue des matériels d’artillerie de tous calibres, privilégiant l’artillerie lourde au prix d’un effort industriel gigantesque. Parallèlement il apparut nécessaire de réorganiser le commandement de l’arme à tous les niveaux : armée, corps d’armée, division. Les techniques de tir intégrant davantage des données scientifiques furent affinées, les liaisons améliorées. De nouvelles subdivisions d’arme virent le jour : artillerie de tranchée, artillerie spéciale ou d’assaut, défense contre avions… Cette transformation ne se fit pas sans difficulté, au milieu de crises successives ou concomitantes affectant les matières premières, les munitions, la conversion industrielle, la main-d’œuvre et… les attelages ! Les pertes en chevaux étant à la mesure de celles des hommes. Elle transparaît de manière abrupte dans les slogans : on passe de « Faire la guerre c’est attaquer » et « Les Allemands sont forts, mais nous avons nos 75 ! » en 1914 à « L’artillerie conquiert les positions, l’infanterie les occupe » en 1917. À partir de juillet 1918, la suprématie en matière de feux d’artillerie permet la rupture du front et l’exploitation victorieuse de nos forces. L’artillerie française est alors au sommet de sa puissance : elle est reconnue par tous, alliés et ennemis : « L’artillerie française, je la hais ! » dira Ludendorff et on pourra glorifier les « Canons de la Victoire ».

À l’issue de ce préambule, les articles qui vont suivre se proposent de mettre en relief certains aspects de l’évolution de l’artillerie tout au long des quatre années de guerre rythmées par les temps forts des grandes offensives amies ou ennemies qui les caractérisent : les batailles du Front de Champagne y trouveront leur place. Le plan proposé sera le suivant :

Les artilleries en présence au début des hostilités.

  1. Août — décembre 1914. De la guerre de mouvement à la stabilisation.
  2. 1915. Des opérations de « grignotage » aux grandes offensives.
  3. 1916-1917. L’escalade des feux.
  4. 1918. Une arme à son apogée.

I. Les artilleries en présence au début des hostilités.

Des disparités manifestes.

Des doctrines opposées.

Selon le règlement de service en campagne de 1883 : « L’artillerie contrebat l’artillerie ennemie, prépare l’attaque décisive, aide à la poursuite, protège la retraite… Elle entre rapidement en action tout entière et par la concentration des feux ». Mais la nouvelle doctrine basée sur l’offensive à outrance amène l’abandon de cette conception ; le règlement en vigueur en 1914 s’en fait l’écho : « Une artillerie de campagne très légère et très mobile aidée, en certaines circonstances limitées, par des canons courts, répondra à toutes les nécessités ; ni la portée ni les gros calibres n’offrent d’utilité. »

Contrairement à la doctrine française, la doctrine allemande privilégie la lutte contre l’artillerie adverse. De concert avec l’artillerie légère, l’artillerie lourde prépare l’attaque par la contrebatterie et la destruction des obstacles. L’artillerie légère se consacre ensuite à l’appui direct de l’infanterie. (On notera au passage que notre règlement de 1883 abandonné offrait, pour le moins, quelques points de convergence).

Une disproportion des armements.

Côté français le canon de 75 mm adopté en 1897 répond à tous les critères pour équiper une artillerie de campagne « très légère et très mobile ». Au niveau division d’infanterie on trouve un régiment d’artillerie montée à 3 groupes de 3 batteries de 4 pièces et au niveau corps d’armée un régiment à 4 groupes. L’artillerie de la division de réserve, si elle existe, est réduite à 1 groupe. C’est le 75 Mle 1912 plus léger que le 75 Mle 1897 qui équipe le groupe d’artillerie à cheval de 3 batteries de 4 pièces de la division de cavalerie. L’artillerie lourde est regroupée au niveau armée en 5 régiments à 5 groupes équipés de matériels divers : 26 batteries de canons 155 CTR Rimailho Mie 1904, 31 batteries de canons de 120 Mle 1890 Baquet ou 120 L Mle 1878 de Bange, 6 batteries de 95 Mie 1875 Lahitolle, tous ces matériels étant à traction hippomobile, et enfin 4 batteries tractées automobiles de canons de 120 L Mle 1878.

Pour compléter cet inventaire, citons les 2 régiments de montagne muletiers équipés du canon de 65 Mle 1906 et les 32 batteries des 10 groupes autonomes d’Afrique. En outre, le Commandant en chef dispose des « équipages de siège » comprenant 380 pièces lourdes du système de Banges servies par l’artillerie à pied. Il reste enfin 7 000 pièces de siège, de place et de côte répartis sur l’ensemble du territoire, de modèle ancien.

Côté allemand, chaque division d’infanterie dispose d’un régiment de canons de 7,7 cm Mle 1896, comparable au 75 mm français, mais aux performances moindres, articulé en 3 groupes de 3 batteries à 6 pièces, et d’un groupe d’obusiers légers de 10,5 cm Mle 1898 modifié 1909.

 

 


 

 

 

 

 


 

 

 

 

Matériels
Français Portée maximum Allemands Portée maximum
75 Mle 1897 8 500 m 7,7 cm 8 300 m
95 Lahitolle 9 400 m 10,5 cm 7 000 m
120 Baquet 6 300 m 13 cm 14 000 m
120 de Bange 6 300 m 15 cm 8 500 m
155 Rimailho 6 300 m 21 cm 8 000 m

Au corps d’armée se trouve 1 groupe de 12 obusiers lourds de 15 cm. À l’armée, les canons de 13 cm et les obusiers de 21 cm sont tenus en réserve en fonction des besoins des divisions qui seules possèdent un commandement d’artillerie. 150 minenwerfer pouvant lancer de puissantes charges d’explosifs complètent cette panoplie.

Lartillerie montée est à traction hippomobile, les servants sont assis sur les avant-trains ou suivent à pied. L’artillerie à cheval a des voitures plus légères et ses servants sont tous montés.

CTR : court à tir rapide

Catégories

France

Allemagne

Artillerie légère

3 960 pièces, dont 3840 de 75 mm

5 500 pièces dont 1 260 de 10,5 cm

Artillerie lourde

308 pièces

2 000 pièces

Dotation initiale

1 300 coups/pièce

800 à 1 000 coups/pièce

Artillerie de siège

380 pièces (diverses)

20 grandes puissances.

Des doctrines et des matériels mis à l’épreuve.

Lors des premiers combats en Alsace et en Lorraine l’artillerie lourde allemande solidement installée et hors de portée prend sous ses feux notre artillerie légère. L’infanterie, privée de l’appui demandé, subit des pertes considérables. L’obusier de 15 cm par sa puissance et l’effet moral des explosions qu’il produit a des effets dévastateurs. Le canon de 13 cm, par sa portée (14 km) déstabilise les arrières et les communications.

En revanche l’artillerie légère française, grâce au 75 servi par des personnels entraînés aux manœuvres souples et rapides et dirigées par des officiers virtuoses du tir, sauve bien des situations précaires et permet des replis ordonnés : elle inflige des pertes considérables à l’infanterie allemande progressant à découvert. Le futur maréchal Rommel, alors lieutenant écrit : « Le régiment a perdu (NDLR Au cours d’un seul engagement) le quart de ses officiers, le septième de son effectif. Les plus grosses pertes ont été provoquées par V artillerie française ». On peut citer, dans les » » prouesses du 75 » la bataille du Grand Couronné devant Nancy, la bataille de Guise, la bataille de la Marne aux Marais de Saint-Gond… Lorsque le front se stabilisera, le rôle de l’artillerie lourde ennemie va s’accentuer, par la mise en œuvre des minenwerfer.

Au cours de ces opérations se sont révélées la justesse des vues allemandes et les erreurs françaises.

Une série de mesures d’urgence.

Utilisant toutes les ressources disponibles elles concernent accessoirement l’artillerie légère, mais surtout l’artillerie lourde et l’approvisionnement en munitions.

–    L’artillerie légère. Pour doter en artillerie les divisions d’infanterie créées depuis l’entrée en guerre, on dépouille les régiments de corps d’armée d’une partie de leurs groupes de 75. À la fin ils ne comporteront que 2 groupes au lieu de 4.

–    L’artillerie lourde. Dans un programme improvisé vu l’urgence, en date du 14 octobre 1914, des mesures sont prescrites afin de mettre sur pied une artillerie lourde mobile ou de position à partir des matériels de siège, de place, de côte et même de bord de la Marine.

Chaque corps d’armée se voit attribuer un groupe attelé d’artillerie lourde : 105 long Mle 13 Schneider en cours de production, matériels de place de 95, 120 et 155 de Bange avec affûts aménagés. Des batteries de position à pied sont créées à base de 155 et de mortiers de 220 de Bange.

La Marine met à la disposition de l’Armée un détachement de canonniers marins pour constituer des batteries de position armées de canons de 14 et 16 cm et un groupe de canons de 19 cm de bord montés sur affûts-trucs Schneider.

Comme le montrent les tableaux, cette disproportion initiale en puissance va peser sur les premières années de guerre. Le rééquilibrage sera cependant facilité grâce au programme de fabrication du 31 octobre 1913 lancé, après de longs débats, par la « Commission des nouveaux matériels » qui portait sur la construction de matériels modernes : canon de 105 L Schneider construits pour la Russie, canon de 135, mortier de 280 Schneider et 370 Filloux, la modernisation des canons de 155 L de Bange et Rimailho et le développement de productions initialement étudiées au sein d’entreprises privées au profit de l’étranger.

II. De la guerre de mouvement à la stabilisation

Août — décembre 1914.

Une « commission temporaire de l’artillerie lourde sur voie ferrée » est également créée pour étudier l’adaptation des canons de marine aux affûts-trucs Schneider.


CANON DE 155 RIMAILHO CANON DE 155 DE BANGE

— Les munitions. De part et d’autre les consommations en munitions ont été démesurées : « les caissons sont vides » ». Pour économiser les obus de 75, une centaine de batteries de canons de 90 Mle 1877 de Bange relèveront les batteries de 75 en attendant un approvisionnement redevenu normal. La fabrication des munitions de 75 devra passer de 14 000 prévus au plan XVII à 100 000 par jour ! Le 20 septembre 1914, le ministre de la Guerre Alexandre Millerand réunit les principaux industriels à Bordeaux pour décider d’une « véritable mobilisation industrielle » en vue de résoudre le problème.

Avec la stabilisation du front, c’est une nouvelle guerre qui commence pour l’artillerie française. Sur le plan de l’emploi, ses missions doivent être révisées, et sa mise en œuvre adaptée en conséquence : défilement des positions, concentration des feux, préparation et observation des tirs, liaisons internes et avec l’infanterie… Vaste programme….

III. 1915. Du « grignotage » aux grandes offensives.

Des enseignements déterminants. Les réformes.

Pour le haut commandement, la » » guerre des tranchées » qui vient de commencer n’est qu’un palliatif, l’attitude résolument offensive en toutes circonstances doit demeurer la règle : « attaquer sans cesse et partout », chercher la faille, percer, le but ultime étant la reconquête du terrain et la libération des régions envahies. Par ailleurs lorsque les Russes subiront des revers sur le front oriental, en vertu des accords de solidarité, le moment sera jugé opportun pour reprendre l’initiative et lancer de grandes offensives.

Les opérations.

 

Opérations d’hiver et de printemps. « L’apprentissage » de la guerre de position. En Champagne ces combats ont été qualifiés de « grignotage », mot attribué au Commandant en chef Joffre. Si effectivement des combats répétés et sans envergure pour la conquête de points hauts tenus par l’adversaire ont pu paraître désordonnés et peu efficaces, l’attaque menée du 16 février au 15 mars de Beauséjour au Bois Sabot de Souain visait la rupture. Le gain de terrain fut minime et les pertes considérables. Cependant l’artillerie a fait ce qu’elle devait et ce qu’elle pouvait faire. Les tirs de préparation ont été denses, mais se sont révélés d’une efficacité limitée pour détruire les obstacles, réseaux de barbelés et abris fortifiés, hauts de renseignement dans la profondeur du dispositif adverse les tirs de contrebatterie ont été rares, voire inexistants, les tirs de harcèlement sur objectifs supposés s’y substituant. La localisation incertaine des fantassins dans la mêlée des combats ne permettait pas un appui » au plus près ». Seuls des tirs de barrage pour bloquer les contre-attaques ont été possibles. C’est aussi à ce moment que les éclatements prématurés dus aux munitions issues des « fabrications de guerre » et à l’encuivrage des pièces apparurent, détruisant les matériels, causant des pertes et sapant le moral des canonniers

Apparition de l’artillerie de tranchée.

Dès le début de » » l’enfouissement » des combattants, les Allemands ont utilisé leurs lance-bombes, les minenwerfer aux effets redoutables et démoralisants. Pour pal¬lier l’absence de matériels modernes à tir courbe et rapproché, l’infanterie fut dotée de mortiers de 15 cm à âme lisse Mle 1838 ou de mortiers « artisanaux ». Progressivement furent livrés les mortiers de 58 mm T puis les mortiers moyens de 150 T et lourds de 240 T : une nouvelle subdivision d’arme était née : Les Crapouillots.

Les grandes offensives de septembre : une montée en puissance spectaculaire.

Dès l’été 1915,1a situation s’améliore, les mesures d’urgence prises portent leurs effets : les pièces usagées ou détruites sont progressivement remplacées, les stocks de munitions remis à niveau. L’artillerie lourde s’accroît : 600 pièces en février, 915 en avril, 1 100 en août. Les premières unités de très gros calibre ou à grande portée sont apparues : groupes de canons de 19 et 24 cm, batteries d’obusiers de 200, 220, 240 et 270 mm, mortiers de siège de 370 mm. Elles constituent l’artillerie lourde à grande puissance à la disposition du haut commandement.


Mortier de 220 mm, modèle 1880 de Bange : un exemple de reconversion d’une pièce de siège.

Les offensives de Champagne et d’Artois déclenchées le 25 septembre ont bénéficié de feux massifs d’artillerie. En Champagne, sur 35 km de front, d’Aubérive à Massiges une préparation de 3 jours commencée le 22 mettant en œuvre 1 100 canons de 75 et 872 pièces d’artillerie lourde — soit une pièce légère pour 30 m de front et une pièce lourde pour 40 m — consommera plus de 1 300 000 projectiles ! Au total plus de 3 000 000 de projectiles auront été tirés du 22 septembre au 6 octobre.

En Artois sur 15 km de front la densité sera sensiblement égale : 500 canons de 75 et 400 pièces lourdes et les consommations relativement comparables.

En Champagne, ces feux puissants et massifs, s’ils ont permis de percer la première ligne de défense, n’ont pu entamer la seconde ligne fortifiée placée à contre-pente et empêcher l’arrivée de renforts. Les conditions étaient mauvaises : intempéries gênant l’observation, terrain impraticable pour rapprocher les batteries des positions conquises, insuffisance des liaisons avec l’infanterie, manque de coordination du renseignement : à la Ferme de Navarin par exemple, il fallut plusieurs heures pour faire cesser les tirs d’artillerie qui s’abattaient sur les éléments de tête de la 10° D.I.C du Général Marchand.


En première ligne : signaux faits à l’artillerie pour allonger les tirs… à condition d’être vus

 

 

 

Enseignements et réformes : des mesures simples et raisonnées.

Les enseignements tirés des échecs de ces offensives vont entraîner une révision complète de l’emploi de l’artillerie, de sa mise en œuvre, de ses méthodes et de sa technique.

 

— L’emploi. Les masses de matériels mis en œuvre, de calibres et de portée différente, le rôle primordial de l’artillerie lourde nécessitent l’établissement d’un « plan d’emploi des feux » et une liaison avec l’infanterie aussi étroite que possible à tous les niveaux. Deux instructions voient le jour.

La première en date du 25 novembre 1915 traite du commandement de l’artillerie lourde. U acteur principal est le commandement de l’artillerie de corps d’armée dont la mission primordiale est la contrebatterie. Il dispose de moyens organiques et de renforcement et des moyens de renseignement nouvellement créés : les sections de repérage par le son (SRS) et les sections de repérage par l’observation terrestre (SROT). Il utilise l’observation aérienne. Par ailleurs la recherche de la précision des tirs sera accentuée par l’amélioration de la topographie, l’édition de cartes à grande échelle et de canevas de tir, la révision des tables de tir, le tarage des lots de munitions, la mesure et l’exploitation des éléments aérologiques perturbateurs des trajectoires.

La seconde instruction qui ne paraîtra qu’en janvier 1916 traite des buts et conditions de l’offensive d’ensemble. Caractérisée par une série d’attaques successives et rapides, elle sera adaptée aux possibilités de l’artillerie : portée et capacité manœuvrière. La liaison avec l’infanterie sera réalisée par la juxtaposition des postes de commandement et l’envoi de détachements de liaison.

— La mise en œuvre. Devant cette évolution : nouvelle doctrine, nouvelles unités, nouveaux matériels, nouveaux procédés, l’instruction des personnels doit être reprise, complétée, unifiés. Trois centres d’instruction d’artillerie lourde sont organisés à Châlons-sur-Marne, Amiens et Toul, destinés à la remise à niveau des officiers supérieurs et subalternes. Des cours de tir d’artillerie de campagne sont dispensés lors de stages organisés au niveau armée au profit des jeunes officiers pour les préparer aux fonctions de commandants de batterie.

 


La poursuite de l’effort matériel.

L’exécution partielle du programme d’octobre 1914 se révèle insuffisante ; les bouches à feu de 155 C Mie 1904 sont presque toutes usées ! C’est le moment de mettre en commande des canons de 155 modernes qui existent dans les catalogues des firmes Schneider et St Chamond qui en fourniront 500 chacune. Il s’agit du canon 155C Mie 1915 destiné à équiper 100 batteries à tracteurs et 400 batteries hippomobiles.

Par ailleurs il est décidé en novembre de grouper l’ensemble des batteries à tracteurs en 10 régiments de 6 groupes de 2 batteries de canons longs et 6 groupes de 2 batteries de canons courts : ces régiments constituent la réserve d’artillerie du Commandement en chef et des commandants de groupe d’armée.


Pour terminer cette année 15, le Colonel Estienne, déjà connu par la conception des premiers goniomètres de pointage et l’impulsion qu’il a donnée à l’aéronautique militaire, propose un projet de véhicules de combat armés, protégés, aptes au déplacement en terrain varié : les futurs chars. L’idée de l’artillerie d’assaut est lancée. Le rôle déterminant de l’artillerie dans la bataille a été éprouvé et reconnu. La place de l’artillerie lourde a pris de plus en plus d’importance. On est loin du règlement de 1914 ! Cette évolution n’est pas terminée. Les évènements de 1916 vont inciter à de nouvelles réflexions et provoquer de nouveaux changements.

Le tarage : détermination de paramètres concernant la vitesse initiale de l’obus

*Source A.S.M.A.C. Navarin janvier 2013

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