Les porte-drapeaux

Les porte-drapeaux

Bannières, oriflammes, fanions, drapeaux, étendards…, partout et de tout temps les soldats se sont ralliés à ces marques identitaires, et beaucoup sont morts pour les sauvegarder. Porter ce signe aux yeux de tous relève du rôle du porte-drapeau. Il s’agit là d’une charge exigeante qui ne doit pas faillir dans sa symbolique.

Tenue et décorations

La tenue vestimentaire du porte-drapeau doit être irréprochable. Dans la mesure du possible, pantalon gris et blazer bleu marine ou noir, ou bien costume sombre, composent la tenue la plus adaptée.

Par respect à l’égard de l’emblème, ne pas oublier les gants blancs.

Les coiffes fantaisistes ou sans caractère de tradition reconnue sont évidemment à proscrire. Les décorations officielles sont de grand modèle (dit d’ordonnance), portées à gauche et pendantes.

Les médailles associatives sont portées de la même manière mais à droite. A cet égard, le bon goût et le sens de la mesure doivent prévaloir: s’il est légitime d’arborer fièrement les distinctions officielles qui récompensent des comportements et états de service remarqués, il convient de ne pas surcharger les tenues par des insignes non officiels ou associatifs. L’insigne officiel de porte-drapeau se porte à droite. II peut être éventuellement fixé sur le baudrier. Le baudrier, lui, se porte sur l’épaule droite afin de ne pas masquer les décorations.

Dispositifs

Cortège et mise en place

Les porte-drapeaux sont mis en rang par 2, 3 ou 4 suivant la possibilité géographique locale. Les drapeaux sont portés

«au sautoir», le bras replié vers le torse.

II y a lieu de respecter l’ordre hiérarchique suivant :

–    Les ordres nationaux (Légion d’honneur, Médaille Militaire, Ordre national du Mérite),

–    Les croix de guerre (14-18,39-45, croix de la Libération…),

–    Les amicales (Anciens combattants, Gendarmerie. ..),

–    Les autres associations (Souvenir Français, Croix rouge…).

Les porte-drapeaux se placent, en principe, toujours derrière la musique, sauf si des troupes participent à la cérémonie, auquel cas ils suivent les militaires. Un chef de protocole, ou un porte-drapeau désigné pour la coordination (et un seul), donne les ordres pour éviter toutes confusions.

Au monument aux morts

Les porte-drapeaux arrivent en cortège, se placent de part et d’autre du monument dans l’ordre prescrit ci-dessus.

II est à noter que le drapeau des Anciens Combattants et Victimes de Guerre du lieu où se situe la cérémonie sera mis de préférence en première position au plus près du monument, à l’opposé des drapeaux des ordres nationaux. Les porte-drapeaux saluent à la sonnerie aux morts.

Quand s’élève la sonnerie, les porte-drapeaux inclinent leur drapeau, bras tendu, jusqu’à la fin de la minute de silence. Ils le relèvent dès le début de l’hymne national.

A l’issue de la cérémonie, au moment où les autorités se présentent pour les remerciements, le drapeau est « au pied», afin d’éviter des accidents ou des désagréments.

Si les autorités enlèvent leurs gants, les porte- drapeaux doivent faire de même. Si tel n’est pas le cas, ils doivent les garder.

Les porte-drapeaux repartent en ordre ou en cortège. Ils ne doivent pas rompre les rangs sans l’accord du chef du protocole.

Pour une cérémonie à caractère particulier (congrès, assemblée générale d’association, accueil de personnalités, etc), des consignes seront données par les présidents ou responsables de ces associations au chef du protocole qui devra les mettre en application.

On ne plie jamais un drapeau devant un monument aux morts, mais à une certaine distance de celui-ci.

Lors d’obsèques

Un maître de cérémonie, en général le président de l’association dont le défunt était membre, prend soin de recueillir les désirs auprès de la famille et aide à l’organisation des obsèques. Le chef du protocole prend les directives auprès du maître de cérémonie, afin de déterminer l’emplacement où seront installés les porte- drapeaux.

Dans une maison mortuaire, hôpital ou funérarium

En règle générale, les porte-drapeaux, accueillis par l’officiant (prêtre, pasteur, rabbin ou responsable des Pompes funèbres), se placent de part et d’autre du cercueil, dans la mesure du possible et sans occasionner une quelconque gêne à la famille. Ils conservent le drapeau «au pied».

Cette garde d’honneur prend fin au moment de la levée du corps. Les drapeaux forment alors une haie d’honneur devant le corbillard, les drapeaux sont « au sautoir». Les porte-drapeaux saluent en inclinant le drapeau au passage du cercueil jusqu’à ce que ce dernier soit mis en place dans le corbillard.

Dans un édifice religieux

Les porte-drapeaux prennent place à l’endroit qui leur a été indiqué par l’officiant ou le maître de cérémonie. Ils sont suivis des délégations, du cercueil et de la famille.

Les drapeaux sont maintenus « au sautoir». Ce n’est que lorsque l’officiant invite à s’asseoir que les porte-drapeaux mettent les drapeaux «au pied» et s’assoient à leur tour.

Au moment de l’élévation, les drapeaux sont mis «au sautoir» et sont inclinés pendant que l’officiant offre le pain et le vin.

La cérémonie terminée, les porte-drapeaux sortent pour former une haie devant la porte de l’édifice religieux, les drapeaux «au sautoir». Ils saluent en inclinant le drapeau au passage du cercueil jusqu’à sa mise en place dans le corbillard.

La cérémonie religieuse terminée, le maître de cérémonie remercie les porte-drapeaux.

Au cimetière

S’il y a un cortège pour se rendre au cimetière, les porte-drapeaux se placent en tête, drapeaux «au sautoir», suivis par les délégations et le porte-coussin qui présente les décorations du défunt.

A l’entrée du cimetière, ils se placent devant le corbillard en cortège sur 2 ou 3 rangs, drapeaux «au sautoir».

Arrivés devant le caveau, ils se positionnent de part et d’autre, drapeaux «au sautoir».

Le maître de cérémonie peut annoncer : «À la mémoire de Monsieur….. Médaillé militaire, chevalier de l’ordre national du Mérite, ancien combattant…, je vous demande un instant de recueillement» (environ 20 secondes).

Les porte-drapeaux saluent en inclinant le drapeau pendant la mise en terre.

Le maître de cérémonie ordonne la dislocation des porte-drapeaux, afin de laisser la famille dans l’intimité.

Honneurs militaires et drapeaux d’associations

Les drapeaux des associations d’anciens combattants et victimes de guerre dont l’attribution, la contexture et les inscriptions qui y figurent relèvent de la seule initiative des associations, ne peuvent être considérés comme le symbole de la Patrie au même titre que les drapeaux et étendards remis aux unités des armées soit au nom de la France par le Président de la République, soit au nom du Président de la République par une autorité militaire qu’il a déléguée. Par ailleurs, les drapeaux des ACVG bénéficient d’un régime particulier par rapport aux fanions d’autres groupements. Ainsi, ils peuvent recevoir les honneurs militaires dès lors qu’ils sont groupés (Salut des isolés ; garde à vous des troupes en stationnement; pas cadencé des troupes en mouvement).

Rappel :

Le salut par les porte-drapeaux est dû seulement :

–    Au Président de la République ;

–    Aux drapeaux et étendards militaires ;

–    A la sonnerie aux morts et comme indiqué précédemment dans les cérémonies.

En principe, nul, hormis la musique ou les militaires en tenue, ne doit se trouver devant les porte-drapeaux.

Source Médaille militaire juin 2014


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